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Histoire

          
L'histoire ancienne
Les traces d’occupation préhistorique autour de Libreville sont indubitables, même si l’absence d’ossements, qui ne se conservent pas en terrain humide, ne permet pas de définir avec certitude leur origine. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit là des plus anciens habitants connus du Gabon, bien avant les Pygmées dont l’arrivée ne remonte qu’à 5 000 ans avant JC.
La grande vague migratoire des Bantous a atteint le Gabon à une date encore mal déterminée: peut‑être vers le XIe ou le XIIe siècle. Arrivant dans la région de l’Estuaire au XIe siècle, les M’Pongwés de la branche Myéné s’y installèrent lentement jusqu’au XVIIIe siècle. Ce n’est qu’au XVIe siècle que d’autres groupes descendent plus au sud pour se fixer dans le delta de l’Ogooué. C’est à partir du XVIème siècle que des groupes ethniques très variés commencèrent à arriver au Gabon, d’abord par la vallée de l’Ivindo (Bakélés, Simba, Mitsogho, Okandé, Bakota, Bélinga), puis par le sud (Eshiras, Bapunu, Balumbu puis M’Bédé, Bandjabi, Batsangui, Aduma, etc.). Les migrations se sont poursuivies jusqu'au XIXe siècle, avec l'arrivée massive des Fangs. Les Fang envahissent le nord-est du Gabon, provoquant un glissement vers le sud des autochtones qui se tassent un peu plus dans les régions déjà peuplées. Les Fang s’installèrent nombreux et organisés dans le Woleu N’Tem, l’Estuaire et la Guinée Équatoriale.
Autrefois, le Gabon était une zone active sur le plan économique, notamment grâce au commerce qui empruntait les voies d'eau vers l'intérieur des terres. Le royaume du Loango aurait été fondé au XIVe siècle, dans le sud du Gabon actuel. Le ma Loango (souverain) descendait d'une longue dynastie de chefs forgerons et son peuple le vénérait comme un magicien. La famille du roi participait activement aux affaires politiques. Au XVe siècle, le Loango tomba sous la tutelle de son puissant voisin, le Kongo. Il ne s'en libéra qu'au XVIIe siècle, lorsque les Portugais s'emparèrent du Kongo.
 

L'arrivée des Européens
Les premiers navigateurs portugais atteignirent l'embouchure du Gabon en 1472. Le Portugais Diogo Cam, le premier, explora la côte gabonaise en 1484. Le nom de Gabon viendrait du portugais gabão (qui a donné en français le mot caban), vêtement porté par les marins et dont la forme ressemblerait à l'estuaire du fleuve. La côte se baptise alors des noms de Lopez ou Fernan Vaz.
Au début du XVIe siècle, les jésuites, suivant les marins, s’intéressent aux populations locales... pour les faire travailler dans leurs plantations d’orangers, de cocotiers, de bananiers ou de manioc. Ils « recrutent » rapidement quelque 30 000 esclaves.
Vers 1600, les Hollandais occupent les îles Elobey dans l’Estuaire et se font massacrer par les M’Pongwés qui voient d’un mauvais oeil l’édification de murailles percées de canons dirigés vers leurs villages. Ces mêmes M’Pongwés cèderont toutefois aux charmes du commerce avec les Français et les Anglais, sans doute plus diplomates.
La traite, qui bat alors son plein, à deux graves incidences directes sur les populations côtières: une véritable hémorragie démographique et la mauvaise habitude de vivre du troc de bétail humain contre tout ce qui était nécessaire à leur vie quotidienne, que ce soient les objets manufacturés ou la nourriture. Ce n’est qu’en 1793 que viendra de France, avec la révolution, une timide prise de conscience des ravages et de l’inhumanité de l’esclavage. Mais il faudra attendre 1848 pour que son interdiction prenne vaguement effet et 1900 pour que la traite soit effectivement interdite.
La répression de la traite fournira le prétexte à la marine française de signer les premiers traités avec les rois de l’Estuaire à partir de 1837. En 1839, Bouët‑Willaumez signa une convention avec un chef mpongwé, Rapontchombo, dit «le roi Denis», consacrant la présence française sur la rive gauche de l'estuaire du Gabon. D'autres accords avec les chefs Louis Dowe, Glass, Quaben et Georges, permirent à la France de s'implanter plus largement. À partir de 1848, les Français luttèrent contre la traite clandestine. En 1849, ils fondèrent Libreville, «village de liberté» pour les esclaves libérés des bateaux clandestins. En 1862, la France signa le traité du cap Lopez avec les représentants de la population locale. Les missionnaires suivant de près les commerçants commencent à se disputer ces âmes. Le Père Bessieux fonde en 1845 la Mission Sainte Marie et tente de concurrencer ses rivaux protestants américains déjà installés à Baraka. 
Bien implantés sur la côte, les Français se lancèrent à la découverte des régions intérieures. Les voies les plus accessibles étaient fluviales. Ce fut donc l'affaire des explorateurs et surtout des officiers de marine: Serval, Aymes, P. du Chaillu, Pierre Savorgnan de Brazza puis son frère Jacques... De 1844 à 1883, Bigeard, Bouët-Willaumez, Chaillu ou Savorgnan de Brazza rivalisent de courage pour pénétrer à l’intérieur des terres. Ils en profitent pour s’accaparer en toute bonne conscience ces territoires « vierges » et y planter l’étendard français. En 1884, la colonie du Congo est officiellement établie et le pillage peut alors continuer en toute légalité.
En 1891, le Gabon fut détaché des Établissements français du golfe de Guinée. Les décrets de 1903, 1906 et surtout 1910 constituèrent le Gabon et l'AEF (Afrique Équatoriale française). Libreville perdit son rôle de chef‑lieu de l'Afrique centrale française au profit de Brazzaville. Les frontières du Gabon se profilèrent au XXe siècle: avec la Guinée espagnole en 1900, avec le Cameroun allemand (Kamerun) en 1908 et 1911. La frontière avec le Congo, tracée en 1886, fut remaniée pour permettre la construction du chemin de fer Congo‑Océan. Le Haut‑Ogooué ne revint au Gabon qu'en 1946.
Avec la conférence de Berlin en 1906, les européens s’entendent sur le partage de l’Afrique en définissant les frontières sans tenir compte du relief, du régime des eaux des fleuves, encore moins des ethnies. Ce découpage arbitraire ne facilite pas l’harmonie dans les colonies et de larges territoires passent de mains en mains suivant les jeux d’alliance et de traités entre l’Allemagne, la France, l’Angleterre, la Hollande et l’Espagne. Les grandes compagnies de ces différents pays agissent en petits dictateurs, réquisitionnant les villageois, s’accaparant les richesses sous la menace de milices armées, imposant des conditions de travail inhumaines aux populations autochtones. Les soulèvements se multiplient et la répression s’intensifie.


La colonisation 
Comme pour les autres colonies de l'AEF, le premier âge colonial fut celui des grandes compagnies concessionnaires, qui exploitèrent l'ivoire, le caoutchouc et surtout, dans le cas du Gabon, le bois d'okoumé, essence servant à la fabrication du contreplaqué. Après la Première Guerre mondiale, les perspectives de la forêt semblaient infinies et de nombreux colons se lancèrent dans l'aventure du bois. Beaucoup firent faillite pendant la crise économique des années 1930. L'instauration de l'impôt par tête et du travail forcé contraignit les populations à intégrer l'économie coloniale, dans des conditions pénibles: les salaires versés par les grandes compagnies étaient souvent dérisoires et les mauvais traitements fréquents. À partir de 1913, le Dr Albert Schweitzer fit construire un dispensaire à Lambaréné et tenta de mettre en œuvre une colonisation plus humaine.
L’entre-deux-guerres voit naître une génération d’hommes qui luttent pour une organisation politique et sociale plus juste. Le Mouvement Nationaliste Africain, né aux Antilles en 1900 gagne l’Afrique et en 1919, se crée à Libreville une sous section de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen comprenant l’intelligentsia de l’époque : Jean-Baptiste NDENDE, Antoine MBA, Ignace BEKALE, N’TUMUNE OSSAME, Maurice N’GOME OBIANG, Victor OBAME OTSAGNE, Paulin N’DINGO, Martin TAMBANI  ISSEMBE et Léon MBA. 
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire du Gabon. En 1940, quelques jours après la prise de Libreville par les Alliés, l'administration coloniale se rallia au général de Gaulle. Comme en 1914, de nombreux Gabonais furent enrôlés dans l'armée française. En contrepartie de leur contribution, ils espéraient que le régime colonial serait assoupli.
En 1946, chaque territoire de l’Afrique Équatoriale Française se voit dotée d’un député à l’Assemblée Nationale Française. En 1956, Houphouët-BOIGNY et Gaston DEFERRE mettent au point la loi-cadre qui introduit la notion d’autonomie interne de chaque territoire. Après la guerre, deux personnalités politiques s'affirmèrent: Jean‑Hilaire Aubame, député au Parlement français, et Léon M'Ba, maire de Libreville et fondateur du Bloc démocratique gabonais (BDG).  
En 1958, le Général De GAULLE crée la Communauté Française qui autorise la création d’État autonome dans les colonies et la République Gabonaise. Le référendum sur la Communauté française reçoit 92 % de «oui » au Gabon.  Le 29 novembre 1958, la république gabonaise est proclamée. Léon MBA est nommé Premier Ministre le 19 février 1959.
Le 17 août 1960, l’Indépendance est proclamée et le 20 novembre, le Gabon est admis à siéger à l’ONU. Le 12 février 1961, Léon MBA est élu Président de la République Gabonaise.


Le Gabon contemporain  
En 1964, Jean‑Hilaire Aubame prit le pouvoir par un coup d'État, mais une intervention militaire française réinstalla Léon MBA à la tête de l'État.
À la mort du président Léon MBA en 1967, le vice‑président Albert‑Bernard Bongo vice-président depuis 1966 (devenu Omar Bongo, à partir de 1973) lui succéda.
En 1968, Bongo créa le Parti démocratique gabonais (PDG), parti unique, et se consacra au développement économique du pays, fondé sur l'exploitation des réserves pétrolières. Le Président BONGO, devenu entre temps El Hadj Omar BONGO suite à sa conversion à l’islam, sera réélu en 1973, 1979, 1986 dans un système de partie unique.
En 1981, un parti d'opposition non autorisé se créa: le Morena (Mouvement de redressement national). En 1990, devant le mécontentement populaire né des difficultés économiques et de la mainmise d'un parti unique sur le pouvoir, le président Bongo a dû accepter l'ouverture politique; la tenue d'une Conférence nationale aboutit à la restauration du multipartisme. Toutefois, l'opposition, morcelée, n'est pas parvenue à s'imposer. En décembre 1993, des élections présidentielle et législatives contestées ont vu une nouvelle victoire du parti gouvernemental et la réélection d'Omar Bongo à la présidence, devant le principal concurrent de l'opposition, le père Paul Mba Abbessolé. En 1994, la dévaluation du franc CFA a plongé une partie de l'économie dans une crise que le pays, qui a quitté l'OPEP, s'emploie avec succès à surmonter. Le Président Omar BONGO sera réélu en 1993 ; 1998 et 2005 à la suite des scrutins souvent contestés.
Après plus de 42 ans de règne, le Président Omar BONGO ONDIMBA decede le 08 juin 2009 à Barcelone en Espagne. La Présidente Rose Francine ROGOMBE assure l'intérim. Le 30 aout 2009, Ali BONGO ONDIMBA le fils du défunt Président  est élu Président de la République avec 41,79% de voix. Mais son éléction est contesté par la majorité des candidats dont Pierre MAMBOUNDOU (2ème) et André MBA OBAME (3ème).
 
Grandes dates de l’histoire du Gabon
1472 : Les Portugais découvrent l’embouchure du Como et le nomment Gabao
Vers 1600 : Les Hollandais occupent les îles Elobey dans l’Estuaire et se font massacrer par les M’Pongwés 
1839 : Signature d'un traité entre les Français et le souverain Mpongwé
1844 : Création d'un poste militaire dans l'estuaire du Gabon par les Français.
1849 : Création de la ville de Libreville (capitale actuelle) par les esclaves.
1875 à 1885 : Exploration du fleuve Ogooué par Pierre Savorgnan de Brazza.
1886 : Le Gabon devient un territoire de l'Empire colonial français.
1899 : Le Gabon est rattaché au Congo français, Libreville demeurant la capitale du territoire ainsi étendu.
1904 : Libreville perd son statut de capitale du territoire au profit de Brazzaville au Congo.
1910 : Le Gabon devient une colonie de l'Afrique- Équatoriale Française (A.E.F.).
1933 : Léon MBA est exilé en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine).
1941 : Le Gabon rejoint la France libre après des affrontements meurtriers entre colons vichystes et gaullistes.
1946 : Le Gabon devient territoire français d'outre-mer, et récupère la région du Haut-Ogoué.
1958 : Léon MBA devient le Premier ministre de la République autonome du Gabon.
17 août 1960 : Proclamation de l'indépendance du Gabon.
1961 (13 février): Léon MBA, élu président du nouvel État.
1964 (18 février) : Léon MBA est renversé par un coup d'État, puis rétablit au pouvoir par l’armée Française
1967 (28 novembre) : Décès du président Léon MBA, son vice-président Omar BONGO lui succède
1968 (15 juin) : Institution du Parti démocratique gabonais (PDG), parti unique. Omar Bongo cumule les fonctions de président et de secrétaire général du parti.
1981 (décembre) : Grèves des étudiants. Le président BONGO ferme l’université de Libreville.
1982 (novembre) : Procès d’une quarantaine d’opposants (Mouvement du redressement national, MORENA) devant la Cour de Sûreté de l’Etat.
1990 (22 mai) : Emeutes à Libreville et Port-Gentil à la suite de la mort d'un opposant Instauration officielle du multipartisme. Premières élections multipartites. (16-18 sept.)
1993 (5 décembre) : Première élection présidentielle pluraliste. Omar BONGO est réélu
2009 (08 juin): Mort du Président Omar BONGO ONDIMBA, Rose ROGOMBE assure l'itérim
2009 (30 aout ) : Election d'Ali BONGO ONDIMBA suivit des violences à Port Gentil

Association pour la Valorisation des Potentialités Culturelles, Economiques et Touristiques du Gabon

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